Les comportements s’auto-renforcent avec les étiquettes.

Marshall Rosenberg


On met parfois (souvent) des étiquettes sur les comportements de nos proches, de nos élèves, de nos collègues, … de nous-mêmes…et celles-ci finissent par « coller à la peau ». On ne peut pas s’en empêcher, et parfois ces étiquettes sont valorisantes.
Mais elles nous enferment aussi, et deviennent ce qu’on appelle parfois des « prophéties autoréalisatrices ». On va inconsciemment avoir un comportement qui va venir confirmer l’étiquette.
Et puis surtout, elles nous enferment car elles laissent parfois entendre que c’est inné, intrinsèque et qu’on ne peut rien y changer.

Je me souviens d’un élève en début de CE2 qui ne se mettait pas au travail et attendait. Quand je lui ai demandé pourquoi il n’essayait pas, il m’a répondu : « Je suis un élève en difficulté, donc c’est normal ».

Quand quelqu’un est persuadé d’être maladroit, il va prendre chaque situation de maladresse pour une preuve, une confirmation de sa maladresse. Alors qu’il n’est peut-être pas plus maladroit qu’un autre. Mais cela viendra renforcer sa vision de lui-même.

Vous me voyez venir ?

Les élèves que l’on qualifie de perturbateurs, turbulents, impolis, … c’est pareil. Ils le sont peut-être à un moment de leur vie, mais l’étiquette les enfermera longtemps et les empêchera peut-être de changer leur comportement.
Il est important de croire et de transmettre que ces comportements ne les définissent pas, on « n’est pas un élève en difficulté », on est en difficulté à un moment donné, sur des situations données et rien ne dit que ce sera le cas Ad vitam eternam…

Timide, sage, turbulent, rêveur, maladroit, en difficulté, casse-cou, débrouillard, difficile, insolent, …

1 piste : La CNV (communication non violente) nous apprend que derrière ces comportements il y a un besoin non comblé
M. Rosenberg est le créateur de la CNV. Je vous en parlerai mieux dans un épisode du podcast cette année. En attendant, je vous conseille ses conférences sur Ytube.

Piste 2: distinguer le comportement de la personne et s’efforcer de donner un caractère momentané au comportement que l’on qualifie. C’est « pour le moment », pas pour toujours…


Piste 3: Ne pas se contenter de qualifier, mais discuter et voir comment faire différemment la prochaine fois. Comment je peux réagir autrement ? Qu’est-ce que je peux mettre en place ? Qui peut m’aider ? De quoi ai-je besoin ?

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